Cet article est long. Vous n’avez évidemment pas à le lire. Cette démarche d’écriture ou plutôt d’expression est surtout pour moi – Elle fait parti de mon traitement !
Quels étaient mes facteurs de risque ? Je me suis posé la question et d’autres m’ont posé la question.
Je n’ai jamais fumé, je bois peut-être deux verres d’alcool par semaine. Ça fait très longtemps que je ne mange plus de viandes rouges, sucreries, boissons gazeuses sucrées, etc. Je faisais facilement mes 30 mins d’exercice soutenu quotidien en allant au travail en vélo et en courant environ 30 kms par semaine en moyenne. Mon indice de masse corporel est resté entre 21.2 et 22.5 (poids normal) ces 30 dernières années.
Qu’en est-il de mon exposition aux particules ionisantes et ondes électromagnétiques pendant mes études et au travail? Je n’ai possédé un téléphone cellulaire que pendant à peine deux ans. Et c’était déjà tard, quand la puissance des émissions émises par les téléphones avait largement diminuée.
J’ai travaillé à l’institut Laue-Langevin et à l’European Synchrotron Radiation Facility (ESRF) à Grenoble, à l’Advanced Light Source (ALS) à Berkeley, Daresbury laboratory en Angleterre, à LURE à Orsay et j’aurais pu avoir été exposé à des faisceaux de rayons X et/ou neutrons. Seulement ces endroits sont hyper bien controlés. Il est littéralement impossible de faire une erreur qui pourrait conduire à une exposition à des rayons ionisants même faible.
Au Paul Scherrer Institute (PSI) où j’ai fait ma thèse, les Suisses qui ne font jamais rien à moitié, m’ont mis dans un caisson pour mesurer mon taux de radiation interne – au cas où j’aurais inhalé ou avalé des isotopes radioactifs par mégarde… Mes résultats sont tombés exactement sur la courbe dite de Chernobyl. Je n’étais pas ni plus ni moins contaminé que les autres Européens qui étaient passés par PSI. Le plus intéressant était que j’habitais à Nevers, au centre de la France, en 1986 lors de l’accident de Chernobyl. Comme savent tous les Français, le nuage radioactif ne s’était pas arrêté à la frontière entre l’Allemagne et la France contrairement à ce que le gouvernement Français, soucieux de protéger son industrie nucléaire avait décrété. On avait bien eu notre dose d’isotopes de Chernobyl à Nevers…
Pendant mes 16 années à Honeywell, j’aurais aussi pu être exposé aux rayons beta, rayons X et micro-ondes utilisés par les capteurs que l’on développait. Mais, à Honeywell, je n’ai aussi pas commis d’imprudence – trop peureux – et mon badge n’a jamais enregistré d’exposition significative. En tous cas, bien moins qu’une hôtesse de l’air ou steward qui accumule en moyenne 3 mSv par an (66 % de plus que l’exposition à la radiation naturelle moyenne qui est de 1.8 mSv par an au Canada). Pour donner un ordre de grandeur, j’estime avoir reçu au moins 25 mSv avec mes 4 récents scans CT (trois du cerveau et un du reste du corps). Donc, que reste t-il ?
Hérédité ? Pas d’autres cancers du cerveau dans les familles Wetzel et Tixier, bien que ce soit le quatrième cancer précoce (Emilie, Christian et Alexis à 13, 25 et 38 ans)…
Exposition aux produits toxiques (plomb, mercure, pesticides, formaldehyde, PCBs, la liste est longue) ? Impossible de savoir si mon exposition a été plus élevé que la moyenne mais je n’ai pas de raison de le penser. On mange des produits biologiques à Vancouver depuis des années, même si Kathy et moi n’avons pas exclusivement acheté des produits biologiques. De plus d’après mes médecins, le cerveau est bien protégé contre les produits toxiques grâce à la barrière hémato-encéphalique. Cette même barrière qui rend le cancer du cerveau difficile à traiter par la chimio.
Un stress chronique ? Comme tout le monde de nos jours, j’ai toujours été très/trop occupé autant à la maison qu’au travail mais à part quelques exceptions notables (comme les rénovations de notre maison) j’ai aimé ce que je faisais. On parle d’un bon stress dans ce cas là, non?
La faute à pas de chance ? C’est pour l’instant ce que disent les scientifiques – pas de cause connue. Des cellules cancéreuses dans le cerveau ont pris le dessus pour une raison X ou Y. Le problème avec cette “explication” est qu’elle me donne aucune piste vers la guérison.
Impossible alors de ne pas penser à ce que d’autres cultures portent comme une évidence: la nécessité d’un équilibre entre corps et esprit ou plus précisément d’une harmonie entre les corps physique, émotionnel et mental. N’aurais-je pas été assez à l’écoute ? Loin de vouloir affirmer que mon mental a une part de responsabilité dans cette maladie, est-il possible qu’un déséquilibre entre ces trois “corps” est favorisé le développement du cancer. Que ce soit vrai ou pas n’a pas d’importance. Ce qui importe c’est qu’avec cette idée, je peux devenir acteur de ma guérison. Je ne suis plus juste la victime ou le patient qui subit les traitements. Cette idée m’a plu tout de suite. Mes trois corps avaient laissé la maladie s’installer. J’allais maintenant apprendre à mieux les harmoniser pour augmenter mes chances de guérison.

This article is a bit long. You obviously don’t have to read it. This writing or rather expression process is for me – It is part of my treatment!
What were my risk factors? I asked myself the question and others asked me the same.
I’ve never smoked, maybe I drink two glasses of alcohol a week. I haven’t eaten red meat, sweets, sodas, etc. for a very long time. I easily did 30 mins of sustained daily exercise by cycling to work and running about 30 km per week on average. My body mass index has stayed between 21.2 and 22.5 (normal weight) for the past 30 years.
What about my exposure to ionizing particles and electromagnetic waves during my studies and at work? I have owned a cell phone for barely two years. And it was already late, when the power of the emissions emitted by the telephones had largely decreased.
I worked at the Laue-Langevin institute and the European Synchrotron Radiation Facility (ESRF) in Grenoble, at the Advanced Light Source (ALS) in Berkeley, Daresbury laboratory in England, and at LURE in Orsay where I could potentially have been exposed to X-ray and/or neutron beams. However, these places are super well controlled. It is literally impossible to make a mistake that could lead to exposure to even weak ionizing radiation.
At the Paul Scherrer Institute (PSI) where I did my thesis, the Swiss who never do anything halfway, put me in a chamber to measure my internal radiation rate – in case I inhaled or swallowed Radioactive isotopes by mistake … My results fell exactly on the so-called Chernobyl curve. I was neither more nor less contaminated than the other Europeans who had passed through PSI. The most interesting was that I lived in Nevers, in the center of France, in 1986 during the Chernobyl accident. As all French people know, the radioactive cloud did not stop at the border between Germany and France, contrary to what the French government, concerned with protecting its nuclear industry, had declared. We had our dose of Chernobyl isotopes in Nevers.
Heredity? No other brain cancers in the Wetzel and Tixier families, although it is the fourth cancer to appear at an early age (Emilie at 13, Christian at 25 and Alexis at 38)…
Exposure to toxic products (lead, mercury, pesticides, formaldehyde, PCBs, the list goes on)? Impossible to know if my exposure was higher than the average but I have no reason to think so. We have been eating organic products in Vancouver for years, although Kathy and I did not buy organic products exclusively. In addition, according to my doctors, the brain is well protected against toxic products thanks to the blood-brain barrier. The same barrier that makes brain cancer difficult to treat with chemo.
Chronic stress? Like everyone these days, I have always been very / too busy both at home and at work but with a few notable exceptions (like renovations to our house). I liked what I was doing. We’re talking about good stress in this case, right?
Bad luck? That’s what scientists are saying right now – no known cause. Cancer cells in the brain have taken over for reason X or Y. The problem with this “explanation” is that it gives me no clue to recovery.
Impossible then not to think of what other cultures carry as evidence: the need for a balance between body and mind or more precisely a harmony between the physical, emotional and mental selves. Was I listening enough? Far from wanting to blame myself for this disease, is it possible that an imbalance between these three “selves” favoured the development of cancer? Whether it is true or not does not matter. What matters is that with this idea, I can become an actor in my healing. I am no longer just the victim or the patient who undergoes heavy treatments. I liked this idea right away. My three selves had let the disease settle in. I was now going to learn how to harmonize them better to increase my chances of recovery.